Figure historique de la création d’une Église orthodoxe ukrainienne indépendante, Philarète de Kiev s’était retrouvé en marge de celle-ci après l’autocéphalie accordée par le Patriarcat de Constantinople, tentant de préserver l’existence d’un « Patriarcat de Kiev » sous sa houlette. Après sa mort en mars 2026, quelques-uns de ses évêques et clercs entendent perpétuer cette structure et ont désigné un nouveau patriarche, Nikodim. Comme nous le raconte Sébastien Gobert, l’affaire est compliquée et l’avenir de ce petit groupe s’annonce incertain, entre tentatives d’expansion insolites hors de l’Ukraine et projets de recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.
Historien et auteur d’une récente thèse de doctorat consacrée à l’Imam al-Sadr, Tristan Hillion-Launey revient dans cette étude sur la disparition de Musa al-Sadr, figure majeure du chiisme libanais disparue en Libye en 1978, et sur la postérité politique de cet « Imam » devenu une figure centrale de la mémoire politique libanaise. Fondateur du mouvement Amal et défenseur des populations chiites marginalisées comme des « déshérités », Sadr portait également un projet de coexistence entre les communautés libanaises. Cet essai montre comment son héritage continue, près d’un demi-siècle plus tard, de structurer les imaginaires politiques, les rivalités et les équilibres du Liban contemporain.
Depuis la tragédie de Novi Sad en novembre 2024, la Serbie connaît un mouvement de contestation sans précédent contre le…
S’appuyant sur plus de dix années d’enquête et d’engagement direct auprès du mouvement Hayat Tahrir al-Sham (HTS), les chercheurs Patrick…
Spécialiste des relations internationales et de la politique religieuse en Asie de l’Est et du Sud-Est, Maï-Lan Marine Thaler montre que, malgré sa méfiance idéologique à l’égard des religions, le Parti communiste chinois (PCC) a instrumentalisé le bouddhisme comme outil d’influence extérieure. La Thaïlande figure parmi les principales cibles de cette « diplomatie bouddhiste » par laquelle Pékin soutient diverses initiatives de coopération entre communautés bouddhistes afin de promouvoir ses intérêts politiques à l’étranger.
S’appuyant sur des entretiens qualitatifs menés auprès de croyants prémillénaristes et presbytériens sud-coréens, le chercheur Adrian Gasser explore la manière dont ces milieux protestants conservateurs fondent leurs préférences politiques et se positionnent comme défenseurs de la nation et de l’ordre divin. Cette étude apporte ainsi un éclairage nuancé sur les interactions entre religion et politique dans la Corée du Sud contemporaine.
Depuis quelques années, la palette des expériences spirituelles associées à des plantes a connu l’ajout du cacao, sacralisé et consommé lors de cérémonies accompagnées de chants et de danses. Dans cet entretien, Manéli Farahmand rappelle la place du cacao dans la sphère religieuse de nombreuses cultures précolombiennes et raconte la diffusion des cérémonies du cacao dans des milieux occidentaux.